Chiffrement post-quantique
Le chiffrement post-quantique (Post-Quantum Cryptography, PQC) désigne les algorithmes cryptographiques résistants aux attaques par ordinateur quantique, notamment l'algorithme de Shor (1994) qui casse RSA et ECC. Le NIST a finalisé en août 2024 les 3 premiers standards : ML-KEM (FIPS 203, échange de clés), ML-DSA (FIPS 204, signatures), SLH-DSA (FIPS 205, signatures hash-based). L'ANSSI recommande une transition hybride classique+PQC dès 2025 pour les systèmes traitant des données à longue durée de vie. Ce qui est réellement menacé, et ce qui ne l'est pas : un ordinateur quantique de taille suffisante casserait les algorithmes à clé publique, RSA et courbes elliptiques, par l'algorithme de Shor. Le chiffrement symétrique, lui, ne perd que la moitié de sa force apparente, ce qui laisse AES-256 largement au-dessus des seuils recommandés. Une architecture qui chiffre en symétrique et n'utilise l'asymétrique que pour l'échange de clés est donc partiellement exposée, jamais totalement. La menace pertinente n'est pas dans le futur mais dans le présent. La collecte différée consiste à capter aujourd'hui des données chiffrées pour les déchiffrer quand la capacité existera. Elle vise les données dont la valeur survit à la décennie : dossiers médicaux, secrets industriels, données d'état civil. Pour une donnée qui perd sa valeur en un an, le sujet est théorique ; pour un dossier de santé, il ne l'est pas. La doctrine française recommande l'hybridation, c'est-à-dire la combinaison d'un algorithme éprouvé et d'un algorithme post-quantique, plutôt que le remplacement pur. Le raisonnement est prudent : les nouveaux algorithmes sont jeunes, et une faiblesse découverte dans l'un d'eux ne doit pas emporter toute la protection.